L’éducation à la mort met en lumière sur un sujet historiquement tabou : le décès d’une personne, le chagrin et la perte qui accompagnent le deuil.
L’éducation à la mort se concentre sur les aspects humains et émotionnels de la mort. Elle ne se contente pas d’expliquer et de démystifier les processus liés à la fin de vie et en particulier à la mort, elle cherche aussi à répondre aux questions existentielles sur ce que signifie être en vie, et se concentre sur la quête de sens de l’être humain.
Elle peut être formelle ou informelle ; aujourd’hui, certains instituts d’enseignement et ateliers proposent des cours sur le sujet. Elle est officiellement connue sous le nom de thanatologie.
Le contexte historique
Dans son livre fondateur Sur la mort et le décès (1969), Elisabeth Kübler-Ross a proposé cinq étapes caractérisant le processus de la mort – le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l’acceptation – en se basant sur les sentiments des patients en phase terminale face à leur mort imminente. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui reconnaissent encore la valeur de cette approche, mais la considèrent de manière critique ou plus nuancée. Par exemple, les étapes peuvent se dérouler dans un ordre différent ou se chevaucher, et certains contestent le fait qu’elles ne soient pas validées empiriquement ou qu’elles soient exactes.
Cicely Saunders est une autre pionnière qui a encouragé les cliniciens à s’intéresser aux sujets liés à la mort dans les années 1960 en mettant l’accent sur les soins palliatifs et les hospices. Avec les travaux de Herman Feifel, ces auteurs ont stimulé l’étude académique de la mort et promu de nouvelles attitudes et une ouverture d’esprit à l’égard de ce sujet.
Que couvre l’éducation au décès ?
La mort peut être considérée comme une étape naturelle de la vie que nous traverserons tous, l’éducation à la mort consistant aujourd’hui à surmonter la peur et à améliorer la qualité de vie dans le présent.
L’éducation à la mort peut porter sur : la compréhension du processus de la mort ; la prise de décision pour la fin de vie ; la gestion de la perte, du chagrin et du deuil ; et la mort traumatique.
Il existe des arguments en faveur de l’enseignement de la mort dans les écoles afin que les jeunes soient mieux informés sur les questions relatives à la fin de vie : les enfants sont confrontés à la mort d’êtres chers ou d’animaux de compagnie dans le cadre de la vie, ce qui peut être inattendu.
L’éducation à la mort pour les médecins et les patients
L’éducation à la mort n’est pas réservée aux professionnels de santé ; le grand public en bénéficie également, et son étude favorise des changements d’attitude et de comportement qui sont positifs.
Le personnel médical apprend à connaître les craintes et les angoisses des patients confrontés à la mort et à atténuer ces émotions. Il doit également se familiariser avec les questions éthiques liées aux soins en phase terminale et s’efforcer d’établir une relation de confiance avec le patient mourant et ses proches jusqu’à la fin et au-delà.
L’éducation à la mort permet aux individus de faire de leur propre processus de deuil une occasion de croissance personnelle. Les patients peuvent prendre conscience du fait que leur vie est limitée et découvrir le caractère précieux du temps qui leur reste, tout en méditant sur leur propre mort. L’éducation à la mort aide les individus à se positionner différemment vis-à-vis de la mort.
Une discipline enrichissante
L’éducation à la mort améliore la vie, informe et guide les individus dans leur rôle de médecins et de citoyens responsables. En s’attaquant au tabou qui entoure la mort, on peut vivre plus sereinement et envisager les réalités de la fin de vie et de l’après-vie, pour soi-même et pour les autres. En effet, l’éducation à la mort nous encourage à réévaluer nos relations humaines et à minimiser les “affaires en suspens”. La mort n’est donc pas l’ennemie de la vie ; au contraire, elle nous redonne conscience de la valeur de la vie.
L’approche de Plenna – résumés par pays de l’éducation à la mort
Plenna aide les gens à envisager et à préparer le reste de leur vie et à planifier leur décès. L’éducation à la mort est un élément central de cette démarche et implique la sensibilisation et la fourniture d’informations. Les synthèses de Plenna sur l’éducation à la mort, pays par pays, visent à rassembler les principales informations au sein d’un pays, afin d’en faciliter l’accès et d’offrir un moyen de comparaison et d’échange par-delà les frontières.
